Monsaintroch.com Publié le 5 janvier 2017 par | Mis à jour à 05:00

Saint-Roch 1973-2009 par Robert Fleury (7 de 7) : À l’État de jouer !

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Journaliste retraité, Robert Fleury a longtemps travaillé dans le quartier Saint-Roch, au journal Le Soleil. Il y a aussi habité de 1990 à 2009. Dans une série de sept billets, il partage ses souvenirs avec les lecteurs de Monsaintroch. Voici le septième et dernier.

Du « Menviq » aux institutions universitaires

L’État québécois avait un rôle important à jouer dans la relance du quartier Saint-Roch. Un rôle auparavant négligé, mais néanmoins essentiel.

Malgré les efforts de la Ville de Québec, la revitalisation du quartier tardait à se concrétiser cinq ans après l’arrivée de Jean-Paul L’Allier à la mairie. Le maire avait bien tenté de convaincre le gouvernement Bourassa, puis Johnson (Daniel fils) de construire un édifice phare à l’intersection de la rue de la Couronne et du boulevard Charest, mais ce fut sans succès. Deux ans de démarches infructueuses de la part du député et ministre Jean Leclerc, en 1993 et en 1994, pour obtenir la construction de l’édifice du ministère de l’Environnement.

panostroch-universite_du_quebec_20131103-1Il fallut attendre l’élection du gouvernement Parizeau pour obtenir une participation significative de l’État à la relance du quartier. Ce ne sera pas sous la forme de l’édifice du Menviq, comme on l’appelait, mais plutôt par la décision, dès 1995, de relocaliser l’ÉNAP dans ce secteur, édifice qui sera suivi par celui du siège social de l’Université du Québec, par Téluq, et finalement par l’INRS au début des années 2000.

Le maire L’Allier racontait volontiers avoir convaincu Jacques Parizeau en l’emmenant visiter le quartier un beau dimanche matin. Séduit par la proposition et conscient que l’État avait aussi eu ses responsabilités dans la dévitalisation du quartier dans le passé, le chef du gouvernement décida d’aller de l’avant. La décision avait du sens, car les constituantes de l’Université du Québec occupaient des locaux vétustes dispersés dans la ville et il fallait les relocaliser.

Nouvelles technologies, nouveau quartier latin

L’autre grande décision du gouvernement impliquait cette fois la création d’un programme d’implantation de nouvelles technologies de la part du ministre des Finances, Bernard Landry, à l’instar d’initiatives similaires qui avaient eu du succès dans la métropole.

Deux secteurs furent visés.

L’édifice du journal Le Soleil, au coin des rues de la Couronne et Saint-Vallier Est, fut d’abord désigné en 1997 pour accueillir un Centre de développement des technologies de l’information (CDTI). L’édifice était abandonné, car le journal s’était installé sur le chemin Saint-Louis de 1994 à 2004.

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Mais ce fut la création, en 1999, du Centre national des nouvelles technologies de Québec (CNNTQ) dans le secteur compris dans le quadrilatère des rues Saint-Joseph, Dorchester, Charest et Jean-Lesage qui eut le plus grand impact.

Le succès fut instantané. Des dizaines d’entreprises ont vu le jour, dont certaines aussi prestigieuses que CGI et Ubisoft, car les nouveaux emplois créés – et souvent bien rémunérés – étaient en partie subventionnés par l’État.

Avec ses nouveaux travailleurs du multimédia et de l’information, avec ses centaines d’artistes établis en permanence dans des édifices maintenant restaurés, avec l’arrivée d’étudiants, de professeurs, de chercheurs, Saint-Roch prendra nettement l’allure d’un nouveau quartier latin.

La BordéeAujourd’hui, à voir ces boutiques nouvelles et restos tendance entre le Théâtre La Bordée et l’Impérial Bell, on ne peut que se féliciter que des citoyens, des gens d’affaires et des élus se soient autant investis dans la relance du quartier.

Lire le 1er billet de Robert Fleury : « Es-tu tombé sur la tête ? »

Lire le 2e billet de Robert Fleury : « Vous n’avez pas eu peur ? »

Lire le 3e billet de Robert Fleury : Une capitale vieillotte

Lire le 4e billet de Robert Fleury : Opération dignité à l’îlot Fleurie

Lire le 5e billet de Robert Fleury : Des citoyens engagés

Lire le 6e billet de Robert Fleury : Des curés hors du commun

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