Monsaintroch.com Publié le 25 janvier 2017 par | Mis à jour à 05:00

La ville affrontée : Marc Boutin et les enjeux de la forme urbaine

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Modèle d’un quartier idéal imaginé par Marc Boutin (2015)

Collaboration spéciale : Marc Grignon, professeur d’histoire de l’architecture, membre du CÉLAT et Saint-Rochois

Le centre en art actuel Le Lieu présente jusqu’au 5 février La ville affrontée, une exposition consacrée au travail de Marc Boutin, architecte, géographe et journaliste pour Droit de Parole.

Quand la ville nous parle…

rue_mboutinBien connu pour ses positions militantes sur l’urbanisme à Québec, Marc Boutin est d’abord un fin observateur de la ville et de ses quartiers centraux, comme le montrent ses dessins, ses pastels, ses croquis et même ses caricatures.

Ses œuvres aux techniques variées ont en commun de scruter la réalité urbaine pour en révéler tantôt les beautés cachées, tantôt les tensions et les contradictions : une charmante ruelle dans Limoilou, un petit commerce typiquement implanté au coin d’une rue dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, des vues du port ou une maison bourgeoise assiégée par un immeuble aux dimensions démesurées, gentiment qualifié de « poulailler » dans le titre.

eglise_fleuveCertaines œuvres remontent aux années 1970 et d’autres sont toutes récentes; le dessin est sûr, les techniques intéressantes, les cadrages justes, la lumière souvent intrigante. Mais ces images sont aussi très parlantes : la ville, quand on sait l’observer comme Marc Boutin, nous parle de son histoire, de ses citoyens et des rapports de force qui l’ont façonnée.

Il est très cohérent que cette capacité de lire et d’analyser l’environnement urbain sous-tende le militantisme citoyen et aboutisse à une réflexion sur la ville comme projet – cette ville qui est toujours en transformation et où s’affrontent promoteurs, résidents, groupes de pression et administration municipale. D’où la présence dans l’exposition de nombreuses propositions urbanistiques, comme un contre-projet d’aménagement du site de l’ancien patronage Saint-Vincent-de-Paul en 2009, avec place publique et nouveaux immeubles d’habitation le long du coteau Sainte-Geneviève.

Des enjeux actuels

Annexe_ill_statDorchester_Credit_Marc_BoutinIl y a, bien entendu, des enjeux très actuels à Saint-Roch, comme celui du stationnement Dorchester. À ce sujet, Marc Boutin a mis en image les idées favorisées par les participants à un atelier organisé par le Comité citoyen de Saint-Roch, dont la prolongation de la rue Belleau et un gabarit architectural en harmonie avec le secteur voisin, l’îlot des Tanneurs. Mais nous aimons particulièrement le jeu « avant-après » inversé qui fait disparaître comme par magie l’hôtel « Royal “Kitsch” Palace » (rebaptisé ainsi par Marc Boutin) à Place d’Youville : la vue s’ouvre vers l’ouest, le soleil couchant pénètre la place, l’ambiance est transformée.

Quelques articles publiés dans Droit de Parole complètent l’exposition et permettent de mieux saisir la complexité de la vision de l’aménagement urbain défendue par Marc Boutin. Car la ville aménagée pour ses citoyens comprend des espaces publics et des parcs, des services de proximité, des transports en commun bien structurés, une variété d’habitations et des équipements culturels et sportifs, le tout conçu en harmonie avec le tissu urbain existant.

marc_boutinCette exposition, qu’il faut absolument voir même si on croit connaitre Marc Boutin par ses articles, amène le visiteur à se poser des questions cruciales sur la vie urbaine et l’aménagement des quartiers centraux. Marc Boutin, qui est probablement un des « vieux militants » vilipendés au début de 2012 par l’administration municipale (Le Soleil, 7 février 2012), nous y révèle sa méthode toute simple : l’observation concrète, l’indépendance d’esprit, la pensée critique.

L’exposition a été organisée par l’artiste-poète Hélène Matte, dont le travail de commissaire met bien en valeur la cohérence et la force du travail de Marc Boutin. Ce dernier le souligne : sans l’initiative de la commissaire, on n’aurait probablement jamais vu ses oeuvres exposées.

L’exposition La ville affrontée se poursuit jusqu’au 5 février au centre en art actuel Le Lieu. La galerie est ouverte du lundi au jeudi de 9 h à 16 h, le vendredi de 9 h à 15 h (sauf de midi à 13 h) et les samedi-dimanche de 13 h à 17 h.

Le Lieu
345, rue du Pont
418 529-9680

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