Suzie Genest Publié le 6 décembre 2016 par | Mis à jour à 05:00

Récoltes urbaines : sauver les fruits oubliés

recoltesurbaines

Photo : page Facebook Récoltes urbaines

Développée par trois écostagiaires Katimavik, l’initiative Récoltes urbaines propose de profiter des nombreux fruits comestibles qui, faute d’être cueillis, se gâtent dans les arbres urbains de Québec.

En facilitant la récolte de ces fruits oubliés et leur distribution à parts égales entre les propriétaires d’arbres, les bénévoles cueilleurs et des organismes locaux bénéficiaires, Récoltes urbaines vise aussi à promouvoir l’agriculture urbaine, la saine alimentation, le partage, la réduction du gaspillage alimentaire, les choix écoresponsables. L’initiative misera sur le vélo pour le transport des fruits récoltés dans les arbres urbains, et selon ses instigatrices, une bonne part de ceux-ci sont biologiques.

Graines de Fruits défendus

discosoupeParis, Londres et Toronto avaient déjà leur initiative du genre et depuis peu, on en trouve à Rimouski (Fruits partagés) et à Sorel (Récoltes oubliées). Fruits défendus, arrimé à l’organisme Santropol roulant de Montréal depuis 2011, est la pionnière au Québec. Katherine Gérard, Laurie-Ann Rioux et Audrey Larochelle, qui terminent leurs stages chez Craque-Bitume, l’APEL et Accès transports viables, se sont familiarisées, et même impliquées, avec Fruits défendus avant de se lancer dans Récoltes urbaines.

Lors de la séance d’information de mercredi dernier, qui a rempli la salle de l’Accorderie, elles ont présenté un reportage sur l’initiative montréalaise. Outre le fonctionnement du projet, on y a appris l’origine des abondants fruits urbains de la Métropole : des immigrants grecs et italiens, entre autres, y ont planté des arbres fruitiers il y a une soixantaine d’années.

Si les arbres fruitiers de Québec ont leur propre histoire, ils peuvent nous surprendre aussi par l’abondance de leurs fruits, assurent les instigatrices de Récoltes urbaines.

Fruits de Québec

Une des premières étapes de Récoltes urbaines consistait à répertorier les arbres fruitiers, grâce aux données ouvertes rendues disponibles par la Ville de Québec. L’opération a permis d’en recenser jusqu’à présent 316 sur des propriétés privées et 1500 sur des terrains publics. Il s’agit de pommiers ou pommetiers, de poiriers, de cerisiers, de pruniers, d’amélanchiers. Dans l’espace public, on les retrouve beaucoup aux abords de la rivière Saint-Charles, dans Limoilou et Charlesbourg, à Cap-Rouge et, de façon plus dispersée, près de l’Université Laval. Québec compte d’autres arbres et arbustes fruitiers comme des noisetiers, des vignes et des argousiers, qui ne sont pas encore répertoriés.

fruitsL’étape suivante impliquera de rejoindre les propriétaires de terrains, notamment ceux dépassés par l’abondance des fruits de leurs arbres, afin de leur proposer d’avoir l’aide de cueilleurs bénévoles en contrepartie d’un partage des récoltes avec eux et les organismes bénéficiaires locaux.

D’ici le printemps, Katherine, Laurie-Ann et Audrey continueront donc de faire connaître l’initiative dans les différents arrondissements de Québec, afin de rejoindre le plus grand nombre de citoyens – potentiels propriétaires et cueilleurs bénévoles, voire chefs de cueillette – et d’organismes en aide alimentaire qui pourraient bénéficier des fruits. Elles poursuivront aussi des démarches en vue de concrétiser des partenariats, puisque que plusieurs organismes ont manifesté intérêt et appuis mais aucun ne chapeaute l’initiative pour le moment. Sa structure et son fonctionnement définitifs dépendront de ceux qui s’y impliqueront activement, individus et organismes.

Qu’on soit intéressé par l’initiative comme citoyen ou organisme, le site de Récoltes urbaines, fraîchement mis en ligne, permet de s’inscrire pour participer ou simplement pour demeurer informé des suites du projet.

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